L'étrangère

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Alamanon
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Paroles

Derrièr’ les rideaux dans un canapé de cuir est une grande fille
bell’ comme au lido avec un joli sourire et de très grandes quilles.
 
Ell’fait dans ses mains,
le dessin d’un chien,
fidèle et couché
qui lui chauff’ les pieds.
 
Langoureuse un peu pas trop mais en sous-vêt' elle va voir à la glace
comme ses cheveux, silencieuse comme muette, se torsadent et s’enlacent.
 
Elle attend un Jules,
une espèc’ de mule
qui lui fait l’amour
sans lui dir’ bonjour.
 
Miroir et image elle remet de la couleur blanche sur ses pommettes
sans hâte et sans rage, elle sait fair’ battre son cœur, et se dit c’est
trop bête :
 
D’être à ce garçon
qui sent le poisson.
Il vient tout à l’heure,
je l’sais c’est son heure.
 
Ell'vêt une robe une veste un pantalon, elle pinc’ ses cheveux
Les cache sous un bob, met en ordre le salon, et puis elle fait un vœu
 
Le veux-tu toi l'chien,
- Toi qu’est l’seul typ’ bien -
veux-tu prendr’ la fuite ?
Si oui, c’est tout d’suite...
 
Dans les rues de l’ombre, elle va là où la mènent son cœur et son instinct.
Fille de la tombe et puis fill’ de la peine, ô la pauvre putain.
 
Mais seule elle se perd,
elle n’a pas de flair.
Et puis cette ville,
la rend malhabile.
 
Les rues sans lumièr’s sont celles où l’on chemin’ quand on a pas d’espace
Que lui veut la terre, as-tu vingt ans la gamine, on choisit pas sa place.
 
Où est son pays ?
Mais qui vit ici ?
Qui sont tout ces gens
aux airs importants ?
 
Ell’ parle à personne, pour la raison que la langue elle ne la connaît pas.
Ell’ s’appelle Yvonne et tous les soirs si elle tangue des hanches, c’est pour toi.