Abbeygate street

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Jérémy Casseron (Alamanon)

Jérémy Casseron (Alamanon)

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Paroles

Dans une auberge sans futur au toit bientôt effondré
Je commençais mes voyages avec trop de livres dans mon sac
Sur la baie de Galway, les oreillettes du Walkman enfoncées
Je réapprenais l'anglais avec Blood and the Tracks.
 
Rapidement je quittai l'auberge et mes camarades français
En quittant mon pays, je fuyais aussi sa langue.
Sous les combles d'Abbeygate Street debout sur un tabouret
Je fumais ma fierté sur les toits de décembre.
 
Aujourd'hui que je ne vois plus les yeux qui figeaient
Les premières années de ma sensibilité
Je me demande comment on fait ces sentiments là.
 
Nouveau et enthousiaste, la veille encore j'aurais suivi
Elisa à Dublin, mais le jour suivant arrivaient
Un ami ainsi que ma famille qui n'avaient malheureusement pas compris
Que celui que j'étais Elisa l'emmenait.
 
Ici mais absent, on me fit des reproches
Alors, je pris un Ferry et je laissai sur le quai
ma peine et mes défauts et ceux là de mes proches
Qui me voulaient comme avant, quand l'absence d'Elisa me rendait muet
 
Aujourd'hui que je ne vois plus les yeux qui figeaient
Les premières années de ma sensibilité
Je me demande comment on fait ces sentiments là.
 
Sans nulle part où aller, j'errai un temps puis je retournai
En détresse chez mon père où six mois m'absorbèrent,
Comme une mer étale que les marins redoutaient, quand naviguaient
Encore la Trinidad ou Santa Maria pour une quête sincère.
 
J'attendis, puis je rengeai ma chambre comme pour partir
Vers un voyage impuissant duquel on ne revient pas,
Quand un ami me dit l'homme que tu es te fait souffrir
J'ai une chambre pour toi rue Vasco de Gama !
 
Aujourd'hui que je ne vois plus les yeux qui figeaient
Les premières années de ma sensibilité
Je me demande comment on fait ces sentiments là.